Le chuchoteur – Donato Carrisi

Si je vous parle de ma dernière lecture ce n’est pas pour que vous ayez envie de le lire mais parce qu’il faut le lire ! Ce fut une lecture intense, dure, éprouvante mais d’une incroyable justesse.

Screenshot_20180518-135846-01-01.jpegLe Chuchoteur – Donato Carrisi – Editions Le Livre de Poche – 8,40€

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

« Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure… » Cette phrase n’a jamais eu autant de résonance une fois ma lecture terminée, c’est terriblement vrai. L’auteur s’est inspiré de faits réels pour construire une intrigue extrêmement bien ficelée qui emporte son lecteur par delà les ténèbres de l’âme humaine.

Dès le départ, on plonge dans l’angoisse et le stress, l’absurdité et le génie. La force principale de tout bon polar réside dans sa capacité à emmener le lecteur où il veut et à abattre ses certitudes au fur et à mesure de sa lecture. Ce polar ne fait pas exception, et bien au contraire il pousse le vice très loin. J’ai eu froid dans le dos, j’ai été angoissée par certains passages, il m’est arrivé de reposer le livre pour avoir les idées plus claires. Tout cela est très subtil et ne s’évapore pas vraiment après la lecture. Je n’avais pas envie de quitter ces personnages, que j’affectionne encore aujourd’hui. Car ils ont tous une force de caractère différente, parce qu’ils semblent tous très humains et fragiles. Mila est, ce qu’on pourrait appeler le personnage principal, avec Goran. Tous deux forment un très beau duo, énigmatique et important pour la suite de l’histoire. Leurs collègues gravitent autour d’eux et sont partie intégrante du récit. L’équipe d’enquêteurs est équilibrée, semble pouvoir tout surmonter. J’ai apprécié de les voir chacun en action dans leur domaine respectif. Malheureusement, je ne peux pas en dire trop car cela supposerai de vous révéler quelques indices.

J’ai été très surprise par l’auteur, et ce de nombreuses fois. Il a su se mettre à la place du tueur, s’immiscer dans sa psychologie et c’est vraiment intéressant. Goran essaie tant bien que mal de comprendre sa façon de procéder. La déconstruction de l’enquête, des scènes de crime, pour comprendre les méthodes du tueur sont très bien décrites et donnent envie de s’y intéresser de plus près. De plus, là où on croit toujours avoir compris, être sûr du coupable où de ce qu’il recherche, on s’aperçoit vite qu’on s’est trompé. L’auteur a su, comme son tueur, nous mener en bateau et on se retrouve à douter de tout et même de ce que l’on envisage pour la suite de l’enquête. Je crois que c’est ce que je préfère dans les polars : être menée par le bout du nez, croire au plus profond de moi que j’ai raison et voir tout cela exploser en mille morceau parce que l’auteur en a décidé autrement. Les pirouettes de l’intrigue du Chuchoteur sont tout bonnement prodigieuses. Je n’ai pas arrêtée de me tromper, et finalement j’ai adoré ça ! 

Petite astuce pour vous mettre dans l’ambiance du roman : j’aime écouter des Bandes-Originales de films en lisant, ça m’aide à faire le vide autour de moi et me permet de m’imprégner presque en totalité dans le roman (notamment dans les transports). Pour cette lecture j’ai écouté la B.O d’Imitation Game. Alexandre Desplat nous offre une musique assez sombre et remplie d’une certaine tension qui se marie parfaitement avec Le Chuchoteur de Donato Carrisi.

Ce n’est pas ce qu’on peut appeler un roman policier sympathique, plaisant. Au contraire, il est brut, angoissant, et très prenant. Il a laissé une empreinte sur moi, si forte que j’ai commencé deux livres coup sur coup après l’avoir terminé. Malheureusement je ne les ai pas terminés, la faute à l’angoissant suspens du Chuchoteur, qui m’a laissé une impression persistante.

C’est comme ça que je sais que j’ai lu un sacré bon livre : quand il ne me laisse pas indifférente même après l’avoir fini depuis plusieurs jours. 

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4 commentaires sur “Le chuchoteur – Donato Carrisi

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