J’ai la flemme… Mais je me soigne !

Je voudrais vous parler d’un terme qu’on entend partout : la productivité. Il faut être productif, montrer qu’on est une working-girl, et qu’on le fait bien. Sauf que j’ai l‘impression que ce n’est pas mon cas.

Ce que vous allez lire ici est mon expérience personnelle. Ce ne sont en aucun cas des critiques et surtout je ne donne pas d’astuces miracles.

♦ J’ai la flemme…

chouettes

Actuellement en reconversion professionnelle, j’ai du mal à me lever le matin, je me couche tard, je suis souvent fatiguée, j’ai souvent une énorme flemme pour faire, bouger, sortir, et même aller voir mes amis est parfois très compliqué. J’ai du mal à m’investir dans quelque chose, sans être ennuyée, au bout d’un certain temps.

Dans mes expériences professionnelles, je me suis laissée influencer, j’ai trop écouté ce que les autres pouvaient penser de mes capacités et de mes compétences. J’ai souvent pris des décisions hâtives, je me suis emportée pour des idées que je croyaient exceptionnelles, alors qu’en fait ce n’était pas fait pour moi. J’ai poussé le bouchon très loin en travaillant pendant 4 ans dans un domaine que j’adorais, sans me donner la possibilité d’aller voir ailleurs, sans m’écouter – surtout écouter mon corps et ses problèmes. Au final, je n’ai rien fait dont je sois fière par manque de confiance en moi.

♦ …Mais je me soigne…

amour

Ce qui a engendré une forme de déclic, c’est la communication.

Dans mon entourage, le chômage est vu par certains comme une peur ou un échec. Je l’ai pris comme une chance de pouvoir repartir à zéro. Malgré tout, ça ne m’a pas empêchée de sentir une certaine pression sociale. Il y a eu des moments où je me suis renfermée sur moi-même. Ma famille, mes amis, mon copain, ont essayé de me poussé à sortir, à faire de nouvelles choses, mais rien n’y faisait. J’étais comme paralysée. Sauf qu’à un moment, j’ai commencé à en parler. Je me suis exprimée sur mes impressions quant au monde du travail. J’ai parlé de la pression sociale d’avoir un dream-job et d’être performant dans son domaine. A partir de là, je me suis vite rendue compte qu’il y avait des personnes autour de moi qui rencontraient ce genre de problème.

J’ai la chance d’avoir une amie de toujours qui m’a pris sous son aile. Elle m’a invitée à venir chez elle pour l’aider sur des points de son projet, elle m’a donné des astuces pour arriver à trouver quelque chose qui aurait du sens pour moi. Elle a su me poser les bonnes questions. La voir bosser, « brainstormer » avec elle, la voir investie, ça a été très inspirant. Se lever tous les matins pour aller chez elle, se remettre au sport, structurer mes journées, tout en étant entre amies. Toutes ces choses m’ont aidée à avancer et à sortir d’un état léthargique.

♦ En prenant mon temps

portrait

Aujourd’hui j’ai envie de faire quelque chose dont je serais fière. On a tous ressenti ce besoin de faire quelque chose qui a du sens, pas pour rentrer dans un moule, pas pour avoir de l’argent, mais parce que ça nous tient à cœur, quelques en soient les raisons.

Il me manque quelque chose qui me tient à cœur, mais j’ai envie de le trouver et de faire grandir un projet. Parce que si on aime ce que l’on fait, on s’investira d’autant plus dedans avec plus d’entrain. Il faut que je casse ces barrières qui ont été les miennes depuis un bon nombre d’années pour relever des défis, prendre des risques et arrêter d’avoir peur. Aujourd’hui, je cherche à m’épanouir en travaillant.

Je sais aussi qu’il faut que je fasse les choses à mon rythme. Il faut que j’arrive à poser mon cerveau sur une idée, y réfléchir et faire peser tous les critères dans la balance que je me serai choisie, et non pas celle à laquelle il faut correspondre. Prendre son temps n’est pas une fatalité mais un besoin. Il y a toujours des moments où j’ai la flemme, où j’ai envie de ne rien faire. Ces moments, je me les accorde car ils sont précieux. Parfois, à force de vouloir trop travailler ça en devient contre-productif. Il faut savoir savourer les moments de faiblesse, tout en se donnant un coup de pied aux fesses. Si je n’arrive pas à travailler, je passe sur autre chose un temps, et je reviens vers mon travail avec les idées plus claires. Prendre du recul sur ce que l’on fait est tout aussi important que de bosser car je suis consciente de mes faiblesses, et je peux aussi m’en servir pour être productive.

J’ai quelques idées qui prennent forme, qui se dessinent, je n’ai plus qu’à les lister et voir celle qui résonne le plus en moi. J’ai également commencé plusieurs formations à distance, qui je l’espère me feront progresser et qui m’aideront à mener un objectif à bien. J’ai comme l’impression d’être un chat qui est retombé sur ses pattes. A force de me planter, j’en suis devenue démotivée, mais aujourd’hui j’ai la volonté d’avancer.

J’espère que tout le brouillon qu’aura été mon cerveau se transformera en un beau tableau dont je serai fière.

 

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10 commentaires sur “J’ai la flemme… Mais je me soigne !

  1. Magnifique article et très touchant. Je me retrouve énormément dans tes mots (on en avait parlé ;)) et aujourd’hui, comme toi : j’ai pris le temps. Je prends le temps.

    Et… C’est bête mais… ce dont je suis fière et que j’ai créé seule et de mes mains ce sont justement mes espaces d’expression sur le net. Maintenant que je suis à l’aise Et que cela m’appartient et que j’en suis fière je me sens capable d’avancer sur le reste, quite à ne plus avoir le fameux « dream-job » mais de continuer le « dream-loisirs ».

    Je te souhaite d’être heureuse sans pression. Tu le mérites.

    Aimé par 1 personne

  2. Très bel article, qui fait écho avec mon état d’esprit du moment : vouloir trouver du sens/de l’utilité à ce que je fais, entreprendre/concrétiser des idées, me sortir de cette léthargie que te donne le confort de la situation (CDI, métier agréable etc.) en se reposant sur les acquis. J’avais beaucoup aimé le discours d’Eric Thomas (PhD, motivational speaker) à ce propos, face à des athlètes qui se préparaient pour des JO, et qui te donnait limite envie de courir un marathon après l’avoir écouté : https://youtu.be/Pn1ihOt8_uw

    Je regrette que notre cursus scolaire ne nous apprenne pas à échouer (cf. Les vertus de l’échec de Charles Pépin) , à prendre notre temps, à emprunter des chemins détournés etc. On a l’impression de devoir choisir très tôt une vocation, qu’elle sera l’unique de notre vie, que l’on n’a pas le droit de se tromper, alors que pas du tout. Il y a ce qu’on pense devoir devenir, ou bien ce que les gens voudraient qu’on devienne, et ce en quoi on est réellement doué. Il faut « juste » apprendre à s’écouter, se faire confiance et surtout, se dire que tout expérience est bonne à prendre.

    Enfin, je ne peux que te conseiller de regarder la mini-série « Allons enfants, portrait d’une jeunesse qui se bouge » de France TV et Golden Moustache qui m’a pas mal ouvert les yeux sur tout ça, qui m’a bien donné envie et (ré)conforté. J’en avais parlé dans un petit thread : https://twitter.com/Misaker_A/status/963373606544859138?s=19

    Bon courage dans tes pérégrinations, je te souhaite le meilleur !

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  3. Aaah, cet article me parle, j’y pense justement beaucoup ! Je sors d’une formation professionnelle, je devrais être contente, avoir trouvé un boulot et… Je subis de l’anxiété généralisée, j’ai une peur monstre du monde du travail, avec toute la pression que ça engendre. Je réfléchis beaucoup sur ce que je peux faire pour améliorer le monde, je commence à détester cette société de l’emploi (j’ai même commandé un livre qui s’appelle « Le refus du travail », ahem), bref, je ne me sens pas à ma place, je veux faire quelque chose d’utile… comme toi. (et les sous, hein, raf)

    Je te souhaite vivement bon courage ! Je te soutiens pleinement dans ta recherche de sens ! Tu n’es pas la seule, et tu as bien de la chance d’avoir un entourage compréhensif 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire et témoignage. Je me rends compte que je ne suis pas la seule à éprouver ce type d’interrogations, surtout en ce qui concerne le monde du travail. Je réfléchis beaucoup à ce que je pourrais faire, mais à chaque fois une angoisse monstre se développe et me pousse à rester chez moi. Ce n’est pas évident de trouver sa place dans le monde d’aujourd’hui…

      Je te souhaite également beaucoup de courage ! On va y arriver !

      Aimé par 1 personne

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