L’amie prodigieuse – Elena Ferrante

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L’amie prodigieuse – Elena Ferrante – Editions Folio – 8,30€

«Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.» 
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition. 

Ce livre, tout le monde en a entendu parler, et moi en bonne retardataire je ne l’ai lu qu’il y a quelques semaines. J’avoue que je n’avais pas spécialement envie de le lire au moment où il a énormément fait parlé de lui, car je n’aime pas trop suivre le mouvement. Je suis donc en retard, mais c’est un retard qui en valait la peine. Ce n’est pas un livre qui a engendré un coup de coeur, mais ce fut un merveilleux moment de lecture ! J’ai été transportée par l’ambiance générale, par ces histoires de voisinage et d’émancipation. C’était une lecture vraiment très agréable, qui m’a fait voyager.

L’histoire commence dans les années 50, dans un quartier pauvre de Naples. Lenu et Lina n’ont rien en commun, rien à faire ensemble, et pourtant une amitié se liera entre elles deux. Une amitié forte, parfois extraordinaire, parfois terrible. Il y a eu énormément de moments où j’ai eu l’impression de regarder un miroir, il  a des situations qui malgré les années sont semblables chez tous. Les enfants peuvent parfois être impitoyables, et si impressionnants. Elena Ferrante a su décortiquer les émotions qui semblent être un fouilli permanent chez les enfants, mais aussi les adolescents. La phase de transition entre l’enfance et l’adolescence est quelque chose de complexe, auquel on ne repense pas forcément une fois adulte (la phase entre l’adolescence et l’âge adulte semble plus percutante), alors qu’en réalité c’est sans doute à ce moment là que se construit le fondement de ce qui fera de nous des adultes en part entière. L’auteur a su se souvenir de cela, a tenté d’analyser son ressenti personnel. J’ai été profondément touchée par cet aspect du livre.

Dans sa façon d’aborder l’adolescence il y a peut-être des aspects qui m’ont manqué mais tout reste dans la même veine. Ainsi, on comprend bien les interrogations de Lenu pour les changements au niveau de son corps, de sa psychologie, de ses désirs. J’ai été surprise, touchée, intriguée et parfois choquée par certains comportements. Les personnages sont terriblement bien construits et portent toute l’histoire. Il s’agit d’un roman qui se concentre sur un endroit bien particulier et tout gravite autour de cela, ce qui est interessant car l’autrice a le temps de creuser en profondeur les différences entre chacun, leur caractère et leur personnalité. C’est impressionnant de voir comme lorsque nous grandissons notre rapport à l réalité change du tout au tout. Plusieurs fois, par empathie, j’ai trouvé le monde cruel, dur avec les enfants et les adolescents. Pourtant, les personnages ont su garder une forme d’innocence. Je vous avoue que cela m’a fait du bien de lire ce genre de choses, car je trouve qu’aujourd’hui l’innocence manque cruellement aux enfants.

J’aimerais vous parler d’une autre chose qui a tout fait pour moi, au delà de la propension de l’autrice à décortiquer ses personnages : l’ambiance générale du roman et son décor. Pour tout vous dire, je m’attendais à voyager un peu plus dans ce roman, mais en fait pas tellement. Mais devinez pas, ça ne m’a déranger car Elena Ferrante arrive a nous faire voyager entre deux rues comme si on partait très loin. Je me suis sentie remplie des bruits, du soleil qui tape, du linge qu’on étend, des querelles de voisins, des moteurs de voiture. J’avais envie de me plonger intégralement dans le texte pour sentir les odeurs, le vent, la chaleur. J’ai vraiment adoré cette dimension du roman. C’est sans doute la première chose qui a fait que j’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire.

Vous l’aurez compris, ce roman m’a profondément touchée et émue. Pourtant, cela ne fait pas de ce livre un coup de coeur. Il m’a peut-être manqué un toute petite chose infime pour que cela soit un coup de coeur. Cependant, j’ai hâte d’en savoir plus sur la suite de l’histoire d’amitié entre Lenu et Lina. Je vous recommande chaudement ce roman si vous souhaitez voyager en Italie, que vous aimez les histoires de famille, d’enfance et d’amitié !

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9 commentaires sur “L’amie prodigieuse – Elena Ferrante

  1. Je me répète un peu (sur Insta !) mais ton avis est très intéressant. Le passage de l’enfance à l’adolescence m’a laissé songeuse… très belle remarque !
    Etant une grande fan d’Elena Ferrante, je ne peux que t’encourager à lire la suite, j’ai hâte de lire tes avis 🙂

    Aimé par 1 personne

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