L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage – Haruki Murakami

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L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage – Haruki Murakami – Editions 10/18 – 8,10€

À Nagoya, ils étaient cinq amis, inséparables. Puis Tsukuru a gagné Tokyo. Un jour, ils lui ont signifié qu’ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans raison. Pendant seize ans, celui qui est devenu architecte a vécu séparé du monde. Avant de rencontrer Sara. Pour vivre cet amour, Tsukuru va entamer son pèlerinage, et confronter le passé pour comprendre ce qui a brisé le cercle.

C’est grâce à cette chère Lemon June que je me suis lancée dans la lecture de ce livre si particulier. Je n’avais jamais lu de livre d’Haruki Murakami auparavant, ce fut donc une grande première, plutôt réussie !

L’histoire est plutôt simple : un homme qui n’a plus de relations avec ses amis de lycée, va voyager pour les retrouver et apprendre pourquoi ils l’ont exclu de leur groupe. C’est un thème que je n’avais jamais abordé dans une lecture et j’avoue avoir beaucoup aimé cet aspect du livre. C’est très intéressant et surtout cela m’a renvoyé à des épisodes de ma jeunesse, non pas similaires, mais relativement proches. Car au final, que fait-on lorsque nos amis nous rejettent ? Dans cette histoire, Tsukuru Tazaki se fait aider d’une « amie », qui le pousse à aller au delà de ce qu’il imaginait. Si l’histoire principale est celle de la recherche de ses amis et de savoir pourquoi ils l’ont exclu, d’autres histoires s’articulent autour de la principale. Cela donne un aspect assez onirique à ce livre et permet de se poser dans sa lecture. Tout est lié, tout est imbriqué et ces histoires ne sont pas là pour rien. C’est la première fois où, dans une lecture, les digressions ne m’ont pas parues vaines.

Suite à la vidéo de Lemon June, j’avais compris que l’auteur inclut énormément de sensibilité dans ses histoires. Pour autant, cet aspect m’a parfois un peu ennuyée. Je pense que cela tient du fait que je ne suis pas habituée à ce genre de lectures. Je lis essentiellement de la littérature jeunesse où, parfois, tout va très vite, tout s’enchaîne. Ici, nous sommes dans une lecture lente et douce, tel un rêve qui se propage dans notre imagination. Tsukuru Tazaki est un personnage dont je me suis sentie proche tout en étant très distancée. J’ai eu la sensation de le connaître, de tout savoir sur lui tout en ne parvenant pas à le comprendre dans son entièreté. C’est un personnage complexe, sensible, peut-être un peu fragile et qui me semble lointain. Je crois que je n’ai pas réussi à saisir tout ce que l’auteur voulait transmettre par rapport à son personnage principal. Les autres personnages gravitent autour de lui, tranquillement, presque de façon paisible. Chacun avec sa propre complexité, sa propre personnalité. J’avoue avoir été très surprise de leur traits de caractère. Tous semblent cacher leur fardeau et c’est incroyable la façon dont Murakami distille cela avec précision. J’ai beaucoup aimé les rencontrer, lire leur témoignage, découvrir leur histoire.

On apprend également énormément de choses sur le Japon contemporain. Comment les anciennes traditions perdurent, comment les jeunes vivent avec cela et comment on peut faire pour trouver sa voie, sa vie. Malheureusement, je n’avais jamais réellement saisit la distance et les conventions qui sont extrêmement présentes dans la société japonaise. Dans les mangas on ne voit qu’une infime partie de cela, on n’a peu conscience de toutes choses. Dans ce roman, j’ai plus senti le poids des traditions, et ce que cela peut parfois impliquer dans les relations avec les autres.

C’est aussi un roman très mélancolique et nostalgique. On sent les regrets, les remords, cet état où on aimerait revenir à une époque révolue et revivre les sentiments éprouvés alors. Plusieurs fois j’ai eu envie, moi aussi, de revenir en arrière, de comprendre certaines réactions, certaines situations. C’est un roman remplit d’émotions diverses qui bouscule notre état d’esprit. C’est une histoire qui ne laisse pas indifférent.

Un beau roman sensible, sur l’amitié, où l’on voyage au côté d’un personnage particulier. Traditions, nostalgie, questionnement sur soi pour un roman onirique et poétique.

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2 commentaires sur “L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage – Haruki Murakami

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