Les délices de Tokyo – livre + film

Screenshot_20180126-234056.jpg

  • Les Délices de Tokyo – Durian Sukegawa – Editions Le livre de Poche – 6,90€

«  Écouter la voix des haricots  »  : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Je me suis procurée ce livre l’été dernier. Autant vous dire qu’il a bien dormi dans ma PAL avant que je le ressorte. Grâce à cette monomanie japonaise qui m’accompagne depuis le début du mois de janvier, j’ai enfin ouvert ce livre qui est une magnifique découverte.

Au départ, comme c’était la première fois que je lisais un livre d’auteur japonais, j’avais un peu peur que cela soit très contemplatif. Non pas que je n’aime pas ce genre de lecture, mais j’avais peur que le rythme soit lent et peine à m’entraîner jusqu’au bout de ma lecture. Bien entendu j’avais tort, car il faut avouer que Durian Sukegawa en plus d’avoir été très bien traduit, nous emporte dans un univers très calme, beau et touchant. L’histoire en elle même est très simple : Un homme rempli de remords et de regrets rencontre une vieille dame pleine de sagesse, et tous deux sont accompagnés dans leur quête par une figure adolescente. Rien de très palpitant me direz vous, mais détrompez vous ! Au contraire le scénario nous entraîne sur chemin que l’on attendait pas. De part l’ancienneté du sujet abordé mais également de part notre ignorance. Moi même j’ai appris énormément de choses sur LE sujet qui nous échappe au premier abord et que l’on découvrira petit à petit. C’est un lourd secret que cache Tokue, quelque chose que nous avons presque oublié. Je me suis sentie comme Sentarô : à la fois désarmé et honteuse d’avoir jugée sans rien savoir.

Autre sujet qui m’a bouleversée, mais dans le bon sens du terme : la cuisine. C’est l’ingrédient principal de ce roman. Celui qui déclenche la rencontre, qui explique beaucoup de choses et qui fait que les personnages vont se retrouver ensemble autour des dorayakis. Bon, préparez-vous, ça donne faim ! Aujourd’hui encore, après avoir terminé ma lecture j’ai très très envie d’y goûter ! Je suis très attachée aux romans qui abordent le sujet de la cuisine, de la nourriture. J’avais beaucoup aimé « Beignets de tomate verte » grâce à cet aspect. La cuisine est très importante pour moi, et associer la lecture et la cuisine ça ne peut que me plaire. Attention tout de même, il faut que cela soit bien fait ! Durian Sukegawa (et sa traductrice) arrive(nt) à nous emporter en détaillant simplement les différentes étapes de la cuisson des haricots rouges. J’avais l’impression de sentir les odeurs, d’entendre les petits « glouglou » des haricots en train de cuire. C’est un roman très imagé, il est donc facile de s’imaginer les actions et les situations. C’est très plaisant pour la lectrice que je suis.

Nombreuses sont les réflexions sur ce que l’on est, où l’on va, ce que l’on peut faire dans notre vie. C’est un roman qui m’a fait du bien sur ce plan là. Je pense sincèrement que l’on devrait prêter plus d’attention à des personnes telles que Tokue, qui peuvent nous transmettre énormément de choses simplement et en peu de temps. Les romans intergénérationnels ont tendance à me faire fondre et c’est le cas de celui-ci. N’oublions pas ceux qui peuvent nous apprendre de leur expériences et adoucir nos peines par leurs conseils avisés. Toutefois, loin d’être un roman feel-good, c’est une histoire triste, remplie d’espoir mais vraiment triste. Je ne pleure jamais en lisant (sauf la fin d’Harry Potter mais c’est une autre histoire), mais j’ai eu un réel pincement au coeur de quitter ces personnages et cette ambiance si particulière.

  • Les Délices de Tokyo – Naomi Kawase

Alors que je venais à peine d’acheter le livre, voilà qu’une grande chaîne de produits culturels se met à faire de promotions et que le DVD du film s’y trouve. Je l’ai donc acheté en me disant que cela me donnerait l’occasion de faire une réelle comparaison « à chaud ». Ainsi, une fois finie ma lecture, j’ai donc regardé l’adaptation du livre par Naomi Kawase.

Je connaissais cette réalisatrice de nom, mais je n’avais vu aucun de ses films. Je ne juge donc pas son travail sur cette seule impression, malheureusement, le film ne m’a pas autant émue que le livre. Cela est du, pour l’essentiel à l’impression que j’ai eue de survoler la plupart des points qui m’ont paru essentiels lors de ma lecture. Avant que les critique ne fusent, je sais pertinemment qu’on ne peut pas mettre un livre de 200 pages en 1 heure 50 sur écran. Le rendu sera différent, des aspects seront occultés et j’en suis consciente, mais pour ce film il m’a semblé que certains aspects auraient pu être développés, au détriment d’autres. J’ai été assez déçue qu’on ne sache pas plus de choses sur les différents personnages principaux. Wakana a été la seule à bénéficier d’une certaine profondeur. Là où dans le livre elle est clairement désignée comme la figue adolescente, dans le film elle fait presque office de lien entre les deux autres personnages. Sentarô et Tokue voient leur différentes personnalités, leurs souvenirs, leur profondeur n’être que survolés alors que c’est là la base de l’histoire.

Toutefois, tout n’est pas à jeter, bien au contraire ! Le choix des acteurs est très pertinent, notamment en ce qui concerne Tokue, jouée par Kirin Kiki, que j’ai trouvée formidable de justesse et de malice. J’imaginais tout à fait Tokue comme ça. Masatoshi Nagase, quant à lui, nous offre un très bon Sentarô, dur, distant et renfermé, qui ne s’ouvrira qu’en la présence de Tokue. Wakana, jouée par Kyara Uchida, est tout en délicatesse et nuances, grâce au relief que prend son personnage dans le film. C’est quand même un petit plus qui n’est pas à négliger car c’est un personnage très beau.

L’ambiance que Naomi Kawase transmet dans son long-métrage est assez semblable à celle du livre, même si je l’ai trouvée plus « bruyante ». Je visualisait la boutique de cette façon, les différents endroits où vivent les personnages également. Il y a quelque chose de paisible, de contemplatif dans sa manière de filmer. La photographie est magnifique et donne presque envie de rentrer dans l’écran pour être aux côtés de ces personnages. L’histoire a été très bien respectée, même si, vous l’aurez compris, il y a certains changements qui m’ont déplu.

En conclusion, lisez ce livre qui est une magnifique histoire entre plusieurs générations, remplie de douceur mais aussi de tristesse et délectez-vous de la préparation des dorayakis. Puis, regardez le films et voyez comme l’on peut presque toucher du doigt les personnages, comme Wakana prend de l’ampleur et fait le lien entre Sentarô et Tokue. Appréciez l’ambiance et si vous pouvez, mangez des dorayakis et dites moi si c’est aussi bon que ça en à l’air !

 

 

Publicités

5 commentaires sur “Les délices de Tokyo – livre + film

  1. Quelle superbe chronique. J’avais été aussi touchée que toi par cette lecture. Et concernant LE sujet j’avoue que je ne l’avais pas vu venir et j’ai trouvé ça à la fois très intéressant parce que j’ai appris pas mal de chose et en même temps triste mais le tout amené avec pudeur. Bref c’était un superbe roman.
    Et tu me donnes très très envie de foncer regarder le film. J’espère aimé aussi.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s