La Sélection – Kiera Cass

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La Sélection – Kiera Cass – Editions Robert Laffont (Collection R)

35 Candidates. 1 Couronne. La compétition de leur vie.
Trois cents ans ont passé et les États-Unis ont sombré dans l’oubli. De leurs ruines est née Illeá, une monarchie de castes. Mais un jeu de téléréalité pourrait bien changer la donne.

Elles sont trente-cinq jeunes filles : la « Sélection » s’annonce comme l’opportunité de leur vie. L’unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre un monde de paillettes. L’unique occasion d’habiter dans un palais et de conquérir le coeur du prince Maxon, l’héritier du trône.
Mais pour America Singer, cette sélection relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure. Quitter sa famille. Entrer dans une compétition sans merci. Vivre jour et nuit sous l’oeil des caméras…
Puis America rencontre le Prince. Et tous les plans qu’elle avait échafaudés s’en trouvent bouleversés…

Que dire, que dire. Il y a quelques années, j’avais lu les trois premiers tomes de la saga, que j’avais vraiment beaucoup aimé pour son côté royal, princesses, dystopie et d’autres petites choses que j’avais trouvées assez mignonnes et chouettes comme un bonbon acidulé. Puis j’ai lu les deux derniers tomes de cette saga, la suite qui se situe 20 ans plus tard et quelques petites choses m’avaient dérangée mais j’étais passée au dessus, en souvenir de la lecture de la saga originelle. Aujourd’hui, même si j’ai retrouvé certaines choses, je dois vous avouer que je ne suis pas ressortie indemne de cette relecture.

Dans le premier tome, on retrouve bien ce côté princesse, beau et rose, avec un arrière fond un peu amère que le personnage principal, America, dépeint relativement correctement. Les clichés de dystopie pour adolescents sont bien présents, mais cela ne m’a pas dérangée car je savais très bien à quoi m’en tenir. L’idée d’une monarchie après une révolution n’est pas si idiote. Ce qui est plus dérangeant, c’est peut-être le côté télé-réalité, qui paraît un peu invraisemblable. J’avoue que l’idée qu’une fille du peuple se retrouve au côté de monarques est tentante, pour une romance adolescente, mais malheureusement le côté « The Bachelor« , fait grincer les dents de la féministe qui est en moi. D’autre part, alors que le premier tome est assez bien, plutôt intéressant sur la présentation de la situation générale et des personnages, les deux autres tomes sont affligeants de clichés sexistes. America, qui dans le premier tome campait sur ses positions, découvrait l’amour de façon spontanée, se retrouve dans le tome suivant à être une vraie pimbêche, gourgandine et surtout manipulatrice envers deux hommes, pour des raisons assez, assez nulles… Il n’y a que dans le tome trois que l’on retrouve un peu de sa fougue et de son caractère initial. Maxon n’est qu’une peinture assez prévisible du prince charmant et mystérieux, qui porte le fardeau de la couronne sur son dos. Aspen quant à lui, est tout simplement le cliché de l’amoureux transis. Ce qui, vous l’aurez compris, nous donne un triangle amoureux des plus classique. Chez ecrtains personnages cependant, il y a un petit quelque chose d’intéressant, je parle ici du personnage de Céleste, qui est loin d’être aussi ridicule qu’on ne le croit. Marlee est également un personnage que j’aime bien, car elle sait rester droite et semble être une belle personne.

Vous l’aurez compris, ma relecture ne s’est pas passée sous un vent favorable. J’ai même faille abandonner… Toutefois, tout n’est pas à jeter ! Dans sa description du système monarchique, son histoire, ses fondements, cela reste très intéressant et permet aux ados d’aborder, à travers la lecture de cette saga, les enjeux politiques qui peuvent se tramer lorsqu’une révolution est sur le point d’exploser. Le fait qu’il n’y ai pas de vrais « méchants » d’un côté comme de l’autre, que le personnage responsable de toute cette machination ne soit plus vivant, comment l’on peut asservir un peuple, etc, reste assez bien mené et plutôt surprenant lorsque l’on s’attend surtout à de la romance. Même si cela reste superficiel, c’est une approche qui n’est pas à mettre à la poubelle.

Ce qui n’est pas à jeter non plus, c’est la description de la machine médiatique. Comment les candidats d’un jeu peuvent être jugés et à travers cela comment le jugement général d’une personne peut être dur à encaisser. Comment vouloir plaire à tous, tout en restant soi-même ? Doit-on se conformer à ce que l’on (public, société en général) attend de nous ? Peut-on dire au revoir à ce qui à fait de nous ce que nous sommes pour vivre quelque chose de différent ? Encore une fois, ces questionnements restent assez superficiels, peu approfondis, mais tout de même ils sont là, existent et je trouve ça plutôt bien.

Je ne sais pas vraiment quoi penser de cette relecture. J’y ai retrouvé le côté un peu cosy et doudou dans le premier tome, l’exaspération générale à la lecture des dystopies dans le deuxième volume et enfin, la fin classique dans le troisième tome. Je suis une lectrice rêveuse, un peu féministe, qui aime les princesses (bah oui c’est pas incompatible), qui aime surtout qu’on ne lui dise pas ce qu’elle doit faire ou penser. Je n’ai pas l’histoire bien en tête (j’ai un peu tardé à faire mon article), mais je crois que j’ai passé un moment ni agréable, ni désagréable. Je suis contente de l’avoir relu pour me refaire un avis plus constructif, qui ne dépend plus uniquement de l’attrait de la nouveauté.

J’aimerais sincèrement savoir ce que vous en avez pensé ! N’hésitez pas à me faire n’importe quel type de remarques, du moment qu’elles soient constructives !

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4 commentaires sur “La Sélection – Kiera Cass

  1. J’avoue que même si je suis d’accord avec toi sur certains points, lorsque j’ai envie de lire un trucs tout simple sans prise de tête et fleur bleue, je relis les trois premiers tomes 😀

    Aimé par 1 personne

  2. Je comprends ce genre de relecture !
    J’ai eu la même sensation en relisant il y a plusieurs mois « la nuit des temps » de Barjavel que j’avais adoré dans mon adolescence.
    Sauf que adulte et militante je n’ai tout simplement pas pu supporter le machisme inhérent à l’écriture de Barjavel et cela m’a un peu pourri mon souvenir. Cela dit je le vis comme quelque chose de positif : je suis plus éveillée et je ne me laisse plus distraire.

    En tout cas une chose est certaine, cela ne me donne pas envie du tout de lire la Sélection (même si c’était pas au programme de base). Haha.

    Merci pour cet article ultra intéressant et bien construit malgré tes inquiétudes.

    Aimé par 1 personne

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